Partir, aller de l’avant, lâcher prise, laisser derrière font profondément partie de l’expérience humaine. Tout le monde a dû quitter un jour, ne serait-ce que l’enfance, pour prolonger son devenir. Entre douleur et espoir, courage et nécessité, ces départs nous façonnent.

En forme de télégramme, la Lettre au monde que j’ai quitté est une oeuvre collective: chaque vers, phrase ou court paragraphe a été composé par une personne différente… La lettre a été débutée dans l’organisme Femmes du Monde à Côte-des-Neiges, pour se poursuivre à Dans la rue, au MultiCaf, dans le métro Place des Arts et au Complexe Desjardins avec l’équipe d’IdAction Mobile d’Exeko, et finalement à Passages.

À vous de poursuivre la lettre maintenant…
Envoyez vos mots avec le formulaire au bas de la page.

Conçue par Marie-Paule Grimaldi, cette oeuvre est le premier volet du projet de création littéraire Prendre le large, le vaste, les mots réalisé lors d’une résidence de création de Métissages Urbains offerte par Exeko à l’automne 2019. La constellation des mots est le deuxième volet de ce projet.

Je t’écris une dernière fois

pour te dire désolée, désolé

-STOP-

car j’envisage une nouvelle aventure humaine et intellectuelle

-STOP-

qui lave les souvenirs et les fait couler dans un océan de temps,

-STOP-

la mer dans laquelle je flotte après souper.

-STOP-

Je dois partir.

-STOP-

It’s Savery and not Slavery. Take the letter L out of my name and leave me with my awesome name: Savery.

-STOP-

No thanks for human suffering. I never understood this.

-STOP-

Je suis une personne pacifique et j’abandonne ainsi le difficile parcours dans lequel tu m’as entraînée.

-STOP-

J’ai participé comme témoin à des milliers d’horreurs. J’ai 88 ans.

-STOP-

Je te regarde avec nostalgie en y voyant tes reflets sur ton visage et mon corps.

-STOP-

You no longer exist as you did then, but still I write to you one last time.

-STOP-

Désormais mon crayon est porté, poussé par mes poumons qui n’ont plus peur de prendre leur place.

-STOP-

Les jours sont différents ma pensée reste la même, je vis mes moments comme si c’était mes derniers.

-STOP-

Be original. You might change the way of life. But you cannot change yourself.

-STOP-

But you can make your future, keep your HEAD UP

-STOP-

Fear and losses make you stronger.

-STOP-

Je plonge à nouveau… toujours déjà… dans le vide. L’au-delà. Chaque fissure, chaque ouverture laisse pénétrer la lumière… et projette les ombres au néant.

-STOP-

No one ever shames bare trees, for shedding all of their leaves.

-STOP-

Je pars, voici le départ. De part et d’autre, je guette ma folie parmi tant d’autre, et reste en alerte.

-STOP-

Je ne pourrai jamais revenir, pourtant c’est là que mon enfant est né…

-STOP-

J’ai quitté la guerre

-STOP-

de mes pensées atrophiées,

-STOP-

et n’oublie jamais que les étoiles, même si elles brillent, n’en finissent pas d’être mortes.

-STOP-

So, shine, shine brightly even now – you never know who your light might touch and lift up.

-STOP-

I miss my family and kids but one day I’ll see them again so God bless everyone in this world.

-STOP-

Be incredible and be cool… See U when I see you…

-STOP-

Hello James, you have a great job with the team.

-STOP-

Dieu protège-moi de mes amis et mes ennemis je m’en occupe.

-STOP-

« Tu te souviendras de moi. »

-STOP-

Tant d’admiration pour toi. Tu as bâti ma vie et tu l’as détruite et rendue vide. L’ange, tu l’as détruit. Ton seul amour de sang.

-STOP-

Alors je t’écris une dernière fois pour te laver de mes yeux.

-STOP-

En te quittant, j’ai quitté ma peur et mes larmes. Je ne vais plus rester dans ton ombre, mais je vais trouver le soleil.

-STOP-

Se laisser-aller m’a permis de trouver l’amour et le pardon, de me retrouver moi, de savoir ce que je voulais pour moi et pour l’univers immédiat qui m’entoure.

-STOP-

Je cherche la libération, la légèreté, le soulagement.

-STOP-

Tu m’as pas laissé le choix. Tu étais belle et très dure. Je n’ai plus d’énergie pour te supporter. Je te quitte. Je ne t’oublierai jamais. Tu m’as laissé de grandes cicatrices et une expérience inoubliable.

-STOP-

Le retour d’une main, l’écho d’un SOS, l’arrivée des pompiers, je n’attends plus. La crampe a paralysé, la voix a bêché, le feu a tout consumé. J’ai découvert le mouvement des battements de mon cœur, le silence a révélé ma mélodie et j’ai trouvé ma flamme.

-STOP-

Cette flamme qui me consume, illumine mon devenir, car la vie nous allège de son propre poids. Rester le plus près de ses rêves et pour toujours.

-STOP-

Avaler mes rêves avaler les kilomètres prendre mon bâton et avancer légère les ailes aux pieds le cœur en bandoulière.

-STOP-

À suivre…

Ajoutez votre phrase ou votre court paragraphe à la Lettre au monde que j’ai quitté. L’artiste-conceptrice s’engage à ne pas modifier vos mots mais ne publiera pas les propos haineux ou les spams.
Votre phrase ou votre vers sera ajouté à la fin du texte